Faciliter l'accès des femmes aux capitaux

Pilier 4

Améliorer l'accès aux capitaux pour les femmes

Au cours de la dernière décennie, les femmes ont lancé de plus en plus d’entreprises prospères, à tel point qu’elles possèdent actuellement 40 % des entreprises du secteur privé (avec ou sans employés). Certaines études révèlent également que, pendant cette période, la performance des nouvelles entreprises dont au moins une femme comptait parmi les fondateurs a surpassé celle des entreprises fondées exclusivement par des hommes.

La promesse de potentiel économique de ces entreprises n’est toutefois pas entièrement remplie, car certains obstacles à l’accès au capital en freinent l’essor. Pour élaborer ce rapport, nous avons mené des entrevues auprès de plus de 25 dirigeants de diverses institutions financières au Canada et aux États Unis, lesquelles représentent deux billions de dollars de capitalisation boursière, pour discuter de l’accès aux capitaux pour les femmes entrepreneures. De manière générale, ces dirigeants admettent que les fournisseurs de capitaux n’ont pas percé le marché que représentent les femmes entrepreneures autant que celui de leurs homologues masculins.

On pourrait croire que les fournisseurs de capitaux n’arrivent pas à déceler les bonnes occasions d’affaires, ou que les femmes entrepreneures activement en quête de capitaux font preuve de retenue quant au montant de financement demandé. Les personnes que nous avons sondées s’accordent pour dire que cette situation, à défaut de changer, pourrait à la longue nuire à notre compétitivité. Les deux pays doivent donc s’attaquer à cet enjeu pour pouvoir réaliser leur potentiel économique global.

L’importance d’une action concertée

L’amélioration de l’accès aux capitaux pour les femmes repose sur la conjugaison des efforts de trois principales parties prenantes :
1. Les fournisseurs de capitaux
2. Les femmes entrepreneures elles-mêmes
3. Les gouvernements

1. Fournisseurs de capitaux (investisseurs institutionnels, institutions financières, gestionnaires de patrimoine, fonds de retraite, sociétés de capital de risque)

– Créer et mettre en œuvre des protocoles de formation mettant l’accent sur le potentiel des entreprises appartenant à des femmes et sur la meilleure façon d’interagir avec ces dernières
– Percevoir l’objectif social de l’entreprise comme un élément fondamental de la stratégie
– Faire preuve de neutralité dans le soutien à la planification de la relève
– Adopter des politiques claires, solides et attrayantes en matière de diversité
– Augmenter la présence de femmes dans des rôles clés, notamment des postes de haute direction, d’interaction avec la clientèle et d’influence sur les décisions d’investissement
– Relier les réseaux canadiens et américains de femmes entrepreneures et de hautes dirigeantes

2. Femmes entrepreneures

– Établir des objectifs audacieux et voir grand
– Déterminer si la croissance est un objectif réaliste dans le cadre du plan d’affaires actuel
– Réévaluer sa tolérance au risque
– Considérer les avantages des partenariats, des coentreprises ou d’autres formes de collaboration pour stimuler la croissance
– Établir un plan d’affaires global clair qui associe avantages économiques et sociaux
– Accepter et solliciter des sources de financement mieux adaptées plus tôt dans le cycle de vie de l’entreprise

3. Politiques publiques et rôle des gouvernements

– Adopter des mesures fiscales canadiennes visant à stimuler l’entrepreneuriat féminin
– Inciter les chefs de file du secteur privé à investir aux côtés des gouvernements
– Donner un accès privilégié aux appels d’offres des gouvernements

Date de Publication: Mai, 2018